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Judit Csákó,

L’arrivée au pouvoir de Charles Ier de Hongrie au miroir des sources narratives

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1À la mort d’André III (1290-1301), le dernier roi de Hongrie issu de la dynastie des Árpáds en janvier 1301, une longue lutte pour la couronne et la stabilisation du pouvoir royal commença. Outre Caroberto, le petit-fils de Charles II de Naples - et l’arrière-petit-fils d’Étienne V de Hongrie (1270-1272) -, qui arriva, quelques mois auparavant, à l’âge de onze ans sur la côte dalmatique, deux prétendants au trône se présentèrent successivement : Venceslas, fils du roi de Bohême (1301-1305) et Otton III de Bavière (1305-1307). Lorsque Charles resta seul sur le terrain, il dut encore continuer, pendant quinze ans, son combat contre les puissants oligarques du royaume pour le contrôle du pays et la consolidation de son régime. Notre étude vise à examiner cette période mouvementée de l’histoire hongroise au miroir des sources narratives qui permettent d’élucider certains épisodes de la stabilisation du pouvoir du roi issu de la maison d’Anjou1.

2L’époque troublée de l’interrègne - suivi par les luttes de Charles Ier (1301/1308-1342) contre les seigneurs territoriaux2 - n’est pas un domaine méconnu des chercheurs de la Hongrie médiévale : depuis la fin du XIXe siècle, la lutte du prince napolitain pour le trône de Hongrie a fait l’objet de nombreux travaux3. En mettant l’accent sur le témoignage des chroniques occidentales, nous espérons pouvoir apporter quelques nouvelles approches de ce sujet.

I Le corpus mobilisé

3La présente analyse fait partie d’un programme de recherche plus large consistant à rassembler et à réaliser une étude critique4 des sources narratives occidentales5 du règne des Angevins en Hongrie (1301-1387). Au cours de ces deux dernières décennies, les chercheurs ont montré un intérêt croissant pour la production historiographique de l’Europe médiévale et les informations que cette dernière peut offrir sur les Hongrois6. Plusieurs travaux relatifs aux affaires étrangères du royaume situé dans le bassin carpatique ou à la perception du pays et de son peuple par l’Occident médiéval ont ainsi interrogé les chroniques et les gestes rédigées au-delà des frontières de la Hongrie en attirant aussi l'attention sur quelques sources particulièrement riches pour la période angevine7. Il faut cependant noter que tandis que les récits des incursions et des trois siècles du règne de la dynastie des Árpáds ont systématiquement été rassemblés par Ferenc Albin Gombos - les trois volumes épais de son Catalogus fontium, publiés en 1937-1938, constituent depuis un outil incontournable de la recherche -8, il n’existe aucun travail offrant une liste plus ou moins exhaustive des sources concernant la Hongrie tardo-médiévale9. Notre projet vise à combler, au moins en partie, cette lacune. Durant la période de recherche, notre intention est d'explorer les chroniques allemandes, italiennes, françaises, bohémiennes ou polonaises de l'histoire hongroise du XIVe siècle.

4La présente étude de cas porte sur la représentation de l’ascension au pouvoir de Charles dans les sources narratives occidentales. Dans le cadre de nos investigations, nous avons d’abord dû repérer les récits de la période de l’histoire hongroise entre 1301 (année où le trône se trouva vacant par la mort d’André III) et 1323 (date qui marque la fin des hostilités entre le roi et les seigneurs). Il faut noter ici que cette tâche a beaucoup été facilitée par le fait que le travail de Gombos ne s’arrête pas entièrement en 1301. En effet, le Catalogus fontium permet d’établir, malgré le titre de l’ouvrage - qui promet une collecte de données jusqu’à l’extinction de la dynastie des Árpáds - une longue liste de chroniques contenant des informations pour le début du règne de Charles. Sur la base de ce travail (et en complétant sa matière par quelques titres), nous avons pu constituer un corpus - pas encore exhaustif - de près de cent sources dont les témoignages sont relatifs aux deux décennies qui nous intéressent.

5Une grande majorité des récits provient des territoires de l’Autriche, de la Bavière ou de la Bohême : les contacts établis entre ces territoires et la Hongrie expliquent l’intérêt que les auteurs de l’Empire portent au sujet. Les annales polonaises fournissent aussi des informations relatives à la période en question de l’histoire hongroise mais les chroniqueurs italiens - malgré l’origine napolitaine de Charles - ne prêtent pas beaucoup d’attention aux luttes de ce dernier pour la couronne de Hongrie. Parmi les sources, nous trouvons des annales monastiques (par exemple, celle de l’abbaye des chanoines prémontrés d’Osterhofen en Bavière10) - offrant souvent des notices détaillées sur les événements du XIVe siècle -, des chroniques universelles (par exemple, celle de Jean, abbé du monastère cistercien de Viktring en Carinthie11), des histoires nationales (par exemple, la chronique de la Bohême par François, chanoine de Prague12) et dynastiques (la chronique des ducs de Bavière par André de Ratisbonne13) ou encore des documents nécrologiques (ceux de l’abbaye bénédictine d’Oberaltaich)14.

6Une partie considérable des témoignages est contemporaine (ou quasi-contemporaine). Outre les sources primaires, nous rencontrons aussi des récits tardifs qui reprennent la matière de celles-ci. Nous nous bornerons à mentionner ici deux auteurs humanistes dont les œuvres s’avèrent particulièrement riches en informations sur la Hongrie. Tandis que Johann Turmair (dit Johannes Aventinus) s’appuie, dans ses Annales de Bavière (Annales Boiorum), sur le témoignage des sources germaniques pour offrir un récit des tentatives par Venceslas et ensuite par Otton de s’emparer du trône de Hongrie15, l’historien polonais Jan Długosz (Annales regni Poloniae)16 puise aussi dans la tradition hongroise pour compléter les renseignements des annales polonaises (et ceux des chroniques tchèques)17.

7En ce qui concerne les relations philologiques à l’intérieur du corpus, nous pouvons faire trois remarques : 1) Sur les territoires des duchés d’Autriche et de Bavière, on peut repérer un relativement grand nombre de sources primaires plus ou moins indépendantes les unes des autres qui fournissent des informations sur notre sujet (Annales Osterhovenses, Annales Vindobonenses18, Steirische Reimchronik19, continuation des annales d’Hermann de Niederaltaich20). 2) L’interdépendance des sources tchèques est plus étroite : les textes tardifs21 reprennent les informations de la chronique dite de « Königsaal » (Chronicon Aulae regiae)22. La même constatation peut être faite sur les quelques sources polonaises relatives à notre sujet : les récits de la tradition secondaire23 puisent leurs informations dans les Annales Polonorum24. 3) On peut délimiter un groupe de textes - celui-ci est consitué, outre l’œuvre de Długosz, de récits allemands (Heinrich von Mügeln, Thomas Ebendorfer ou Jakob Unrest) - qui utilisent les informations des chroniques hongroises : les témoignages de ceux-ci ne seront pas inclus dans notre analyse25. Il convient d’ajouter que nos sources sont majoritairement des textes latins - sauf les quelques représentants de l’historiographie de langue allemande (Mügeln, Steirische Reimchronik, version allemande de la chronique [dite] de Dalimil) ou vieux-tchèque (chronique [dite] de Dalimil26).

8Après avoir offert une présentation générale du corpus, il faut que nous soulignions l’importance d’une source qui contient un récit particulièrement riche en détails des événements de la Hongrie à l’aube du XIVe siècle. La chronique rimée styrienne (Steirische Reimchronik) est un immense poème rédigé en allemand en plus de 100 mille vers par Ottokar (Ottacher ouz der Geul), familier d’Otton II de Liechtenstein et des évêques de Seckau27. Il s’agit avant tout d’une histoire régionale mais grâce à l’intensité des échanges entre les territoires autrichiens (ou bavarois) et la Hongrie, l’auteur - qui a rédigé son œuvre pendant les deux premières décennies du XIVe siècle - fournit beaucoup d’informations sur l’histoire hongroise28.

9Dans ce qui suit, nous présenterons les événements qui se succédèrent à la mort d’André III au miroir de l’ensemble de textes dont nous venons de voir les caractéristiques principales. Avant de commencer l’analyse, il est important à noter que les sources que nous avons rassemblées élucident avant tout les événements entre 1301 et 1308 : c’est donc sur cette première période des luttes de Charles que notre présentation focusera.

II La représentation de la période de l’histoire hongroise entre 1301 et 1308 (1312) dans les sources narratives occidentales

10Le seul texte du corpus ayant très probablement été rédigé sur le sol français est un traité politico-géographique offrant une description des États de l’Europe centrale et ceux des Balkans à l’aube du XIVe siècle. L’auteur inconnu - qui appartenait vraisemblablement au milieu du pape Clément V - s’avère particulièrement bien informé sur la Hongrie. L’œuvre - après avoir donné un aperçu du passé lointain du bassin carpatique, conquis par les Hongrois à la fin du IXe siècle - présente la géographie physique et administrative du royaume, ses institutions, son peuple ou les relations européennes entretenues par sa dynastie régnante29. La quantité surprenante des informations hongroises de la source, écrite vers 1308 (selon une autre hypothèse au tournant des années 1310-1311)30, doit s’expliquer sans doute par les contacts étroits entre la Hongrie et le Saint-Siège à l’époque31 : dès 1303, la papauté soutient ouvertement - par l’émission d’une bulle - la cause du prétendant angevin dans l’affaire de la succession hongroise32. La Descriptio Europae Orientalis est destinée avant tout à servir les buts d’une politique expansionniste de Charles de Valois, frère cadet du roi de France qui - allié au pontife - envisagea de s’emparer du trône de Constantinople33. Dans le traité, Charles de Hongrie apparaît en tant qu’allié potentiel du comte français : la Hongrie est considérée comme une grande puissance centre-européenne dont le souverain pourra lutter, selon l’auteur, avec succès contre les hérétiques des Balkans34. Bien qu’il semble avoir des connaissances précises sur la Hongrie, l’auteur juge mal les possibilités de son roi occupé, au moment de la rédaction de l’œuvre, par ses luttes contre les oligarques. En réalité, Charles n’était pas du tout en mesure de soutenir, vers 1308 (ou deux ans plus tard), les ambitions du frère de Philippe IV le Bel. Il avait encore devant lui un long chemin pour réaliser une consolidation définitive de son pouvoir35.

11Quelle est l’image que les autres sources du corpus offrent sur cette période troublée de l’histoire hongroise ? Notre analyse s’articulera autour de deux sujets centraux - les personnes des trois prétendants au trône et le rôle joué par les barons à l’époque de l’interrègne - qui apparaisssent dans les chroniques et les annales de l’Empire dont les témoignages serviront de base à nos réflexions.

1 Les prétendants au trône

12On doit d’abord remarquer que ce n’est pas Charles qui est le héros principal des récits des auteurs allemands ou tchèques. Il n’est pas du tout surprenant que ceux-ci s’intéressent plutôt aux deux autres aspirants à la couronne, qui se présentèrent, l’un après l’autre, pour occuper le trône de la Hongrie. Quel regard les auteurs du XIVe siècle portent-ils sur les règnes de Venceslas (de la dynastie des Přemyslides) et d’Otton de Wittelsbach ? Tandis que certaines sources ne mentionnent que très brièvement le décès d’André III et les troubles qui y succédèrent, d’autres chroniques nous permettent de connaître plus en détail l’histoire des adversaires du petit-fils du roi de Naples36.

Venceslas

13Le fils du roi de Bohême, âgé alors de douze ans, était un descendant des Árpáds (arrière-petit-fils d’une sœur d’Étienne V) et fiancé d’Élisabeth, unique fille d’André III37. Les chroniques tchèques racontent que suite à la mort de ce dernier en 1301, une députation hongroise arriva à la cour de Venceslas II (1278-1305) - et demanda au roi d’envoyer son fils en Hongrie. Benesch de Waitmühl, un continuateur de la Chronique des Bohêmiens par Cosmas de Prague, décrit la situation par les mots suivants : « À la mort d’André, roi de Hongrie, qui laissa son unique fille en tant qu’héritière de son royaume, des délégués parmi les princes, barons et nobles de la Hongrie vinrent au roi Venceslas en déclarant qu’ils éliraient, comme leur pays était privé de son souverain, roi de Hongri le fils du roi Venceslas dont le nom était aussi Venceslas. Ils promirent de lui donner en mariage Élisabeth, fille du susdit André, roi de Hongrie et demandèrent qu’il daignât venir le plus vite possible afin de pacifier le Royaume de Hongrie qui était alors agité38 ». Une autre tradition (Chronicon Bohemiae a diluvio usque ad a. Christi 1329 auctore anonymo) rapporte que les barons hongrois supplièrent d’abord Venceslas II d’accepter la couronne de leurs pays mais celui-ci décida finalement - sur avis du conseil royal - de confier son fils aux soins de la délégation qui le conduisit en Hongrie39. Un élément récurrent des narrations relatant l’« aventure hongroise » de Venceslas - qui régna en Hongrie sous le nom de Ladislas - est le sacre au roi du prince tchèque. Les coutumes du royaume voulaient que tout monarque légitime fût couronné, dans la basilique royale de Székesfehérvár, avec la Sainte Couronne hongroise par l’archevêque de Gran (Strigonie)40. La chronique de l’abbaye cistercienne de Zbraslav (Königsaal ou Aula regia) située près de Prague atteste qu’au lieu de ce dernier prélat - puisque Grégoire Bicskei qui remplit alors l’office (1298-1303) était un fidèle de Charles -, c’est l’archevêque de Kalocsa qui posa la couronne de Saint Étienne sur la tête du fils du roi de Bohême (le sacre ne répondait donc pas aux exigences légitimes)41. Après les cérémonies festives de Székesfehérvár, Venceslas fut reçu très solennellement à Buda42. Le pouvoir du prétendant tchèque ne s’avéra pourtant pas durable. En juin 1304, son père mena ses armées en Hongrie pour essayer de renforcer les positions de son fils. Malgré quelques succès,43 Venceslas II choisit finalement de quitter le pays : comme il jugea le pouvoir du jeune prince fragile, il l’emmena avec lui. La chronique rimée styrienne offre un récit coloré du vol de la Sainte Couronne par le roi de Bohême qui eut recours à la ruse pour pouvoir s’emparer du diadème44.

Otton de Wittelsbach

14Le duc Otton de Bavière (1290-1312) se considéra également héritier du royaume de Hongrie en tant que petit-fils du roi Béla IV (1235-1270)45. Venceslas III - qui succéda à son père sur les trônes tchèque et polonais - renonça à son titre en sa faveur46 et lui transmit, comme les annales d’Osterhofen le racontent, les insignes royaux en octobre 1305 (le roi de la Bohême reçut le duc à Brno où il célébra ses noces avec Viola de Teschen)47. Selon le témoignage de la chronique rimée styrienne, Otton perdit la Sainte Couronne en route vers la Hongrie et dut interrompre son voyage pour pouvoir la récupérer48. L’épisode anecdotique - qui présagera, selon la tradition hongroise, l’échec de la tentative du duc49 - est présente aussi dans la chronique tardive de Veit Arnpeck50. La tradition d’Osterhofen - l’une des sources les plus importantes pour le règne éphémère d’Otton en Hongrie - indique une date approximative (circa festum beati Martini) de l’arrivée du duc à Buda, suivie par le sacre du roi dans la ville de Székesfehérvár51. Le pouvoir d’Otton était encore moins stable que celui de Venceslas : le groupe de prélats et de barons qui le firent venir en Hongrie l’invitèrent sur le trône surtout dans l’espoir de pouvoir reprendre la couronne de Saint Étienne qu’Otton ne cessa pas de garder avec lui.

15Nos sources relatent qu’en 1307, il quitta le centre du royaume pour chercher des alliés dans la partie de l’Est de celui-ci52 mais il fut finalement emprisonné - malgré le projet du mariage du duc avec la fille de l’oligarque - par Ladislas Kán, voïvode puissant de Transylvanie53 auquel il dut transmettre le diadème royal54. Le duc était contraint de quitter le pays et de regagner la Bavière où il arriva en février 130855.

Charles

16Les témoignages qui se concentrent avant tout sur les obstacles que les prétendants tchèque et bavarois rencontrèrent en Hongrie permettent pourtant d’obtenir quelques fragments d’informations sur Charles et le renforcement progresssif de son pouvoir.

17Parmi les chroniques du corpus, il y a un seul texte racontant l’arrivée dans le pays - quelques mois avant le décès du roi André - de l’aspirant issu de la dynastie angevine. Nous savons par l’auteur dalmate Micha Madius56 qu’après avoir débarque sur la côte dalmatique, le jeune prince invité dans le pays par un groupe de barons mécontents du gouvernement d’André III - ils le considéraient comme un roi illégitime - séjourna pendant deux mois à Split avant d’être conduit par ses fidèles à Zagreb (en Slavonie) où il apprit la mort de son prédécesseur57. La brève notice de la continuation des annales d’Hermann, abbé du monastère bénédictin de Niederaltaich annonce qu’il fut couronné encore cette même année dans la ville de Gran58. Ce premier sacre de Charles n’était pas du tout conforme au droit coutumier du royaume. Bien que la cérémonie ait été effectuée par l’archevêque de Gran - nous avons vu que Grégoire Bicskei comptait parmi les partisans du prétendant angevin -, elle n’eut pas lieu à Székesfehérvár59. Puisque la Sainte Couronne était détenue par les adversaires de Charles, le prélat dut utiliser un autre diadème60.

18Durant la période pendant laquelle le centre du royaume était dans les mains de ses adversaires, le roi passa la plupart de son temps dans les parties sud du pays (surtout sur le territoire de la province historique appelée Syrmie, située entre le Danube et la Save). La prétendue chronique de l’Anonyme de Leoben (Styrie ?) atteste qu’il « séjournait au monastère de l’ordre cistercien à Bélakút (Belae-fons, Petrovaradin) en supportant beaucoup de vicissitudes et d’adversités jusqu’à ce que le pouvoir de ses ennemis se fût affaibli ; ensuite, il s’empara du royaume par la force »61.

19Les sources narratives allemandes et tchèques permettent aussi d’obtenir des informations sur les alliés européens de Charles sur lesquels il pouvait compter pendant les années de l’interrègne. Juste après que l’armée de Venceslas II eût quitté la Hongrie en août 1304, le prétendant angevin à la couronne conclut un pacte avec les Habsbourg, notamment avec Rodolphe (duc d’Autriche et de Styrie), fils du roi des Romains Albert Ier. Suite à ce traité,62 les alliés menèrent ensemble une offensive contre la Bohême et assiégèrent - comme on peut le lire aussi dans la chronique d’Osterhofen - la ville de Kuttenberg (Kutná Horá) célèbre pour ses mines d’argent63.

20Les choniques du corpus - sans entrer dans les détails - mentionnent aussi l’intervention du Saint-Siège en faveur de Charles en ce qui concerne ses affaires de Hongrie. Par leurs témoignages, on apprend qu’après un échec de la mission du légat Nicolas Boccasini (le futur pape Benoît XI)64, Clément V dépêcha dans le pays le cardinal Gentil de Montefiore65 afin qu’il règlât les conflits entre Charles, resté en 1307 seul sur le terrain, et les barons66. Grâce aussi à l’activité du prélat italien, le roi fut couronné une deuxième fois le 15 juin 1309 à Buda mais il dut attendre une troisième cérémonie - celle-ci eut lieu le 27 août 1310 à Székesfehérvár - pour que le sacre puisse finalement répondre aux exigences légales. (Entre les deux couronnements, Ladilas Kán rendit les insignes royaux au souverain.67) Ces dernières étapes du renforcement du pouvoir de Charles - sa lutte dura encore pendant une décennie contre les magnats - n’apparaissent plus sur les pages des chroniques et des annales étrangères : celles-ci ne s’intéressent à la Hongrie que dans ses relations « internationales » et abandonnent leur narration généralement au moment où Venceslas et ensuite Otton quittent le pays.

2 Les barons. Les partis politiques à l’époque de l’interregnum

21Les sources dont nous avons relevé les informations relatives aux trois prétendants mentionnent souvent qu’à la mort d’André, le royaume était divisé entre le parti du roi angevin et celui de ses adversaires. Benesch de Waitmühl, dont nous avons déjà cité le témoignage, résume la situation survenue après l’arrivée de Venceslas à Buda par ces mots : « Un grand schisme est donc apparu dans le Royaume de Hongrie : les uns promirent de rester aux côtés du roi Venceslas tandis que les autres à ceux du roi Charles »68. Dans les annales de l’abbaye cistercienne de Zwettl (en Basse-Autriche), nous trouvons le récit suivant : « En cette année mourut le roi André III de Hongrie. Après son décès, deux rois furent élus, notamment Charles, l’héritier de Sicile, destiné par le père apostolique Boniface à prendre le pouvoir dans le royaume, et Venceslas, roi de Bohême, élu par le vote commun de quelques comtes du pays »69. Le passage suggère aussi que les seigneurs qui s’opposèrent au règne du prince angevin refusèrent de soutenir le petit-fils du roi de Naples car ils craignaient que par son arrivée au pouvoir, l’influence du Saint-Siège augmente considérablement en Hongrie.

22Quels étaient donc les deux partis qui se formèrent ? Qui décidèrent d’adhérer à la ligue de Charles et qui choisirent le camp des deux autres aspirants à la couronne ? Bien que les témoignages qui constituent le corpus de notre analyse se concentrent davantage aux affaires étrangères qu’à la politique intérieure, les personnages les plus importants de l’époque sont présents dans les relations des chroniqueurs. Pour pouvoir reconstituer le parti de Venceslas, nous pouvons avoir recours à la chronique rimée styrienne ou à la chronique de Zbraslav : celles-ci nomment les barons qui invitèrent Venceslas à monter sur le trône de la Hongrie. Tandis que la source autrichienne insiste sur le rôle de l’oligarque Jean (Iwan) Kőszegi - appelé graf Yban par le poète médiéval - dans l’arrivée en Hongrie du fils du roi de Bohême70, l’auteur tchèque nomme Mathieu Csák71 ou Amédée Aba parmi les membres de la délégation qui conduisit le prince en Hongrie72. En ce qui concerne la prise de position de ce dernier, nous pouvons douter de la fiabilité du témoignage : dans la tradition hongroise, le seigneur apparaît parmi les partisans de Charles73. D’après les annales polonaises74, nous savons aussi qu’en 1304, il soutint Vladislav Łokietek, duc de Cujavie et parallèlement à l’offensive du roi angevin contre la Bohême, il attaqua la Pologne, l’autre pays gouverné par les Přemyslides75.

23Le nombre des fidèles du prétendant napolitain était à l’origine plus restreint que celui des adhérents des partis de ses adversaires. Parmi les piliers les plus importants de son pouvoir comptait - outre l’archevêque élu de Gran (Grégoire Bicskei) dont nous avons déjà mentionné le nom - Ugrin Csák76, qui apparaît aussi dans le récit du chroniqueur dalmate Micha Madius77. C’est sur le territoire contrôlé par lui - la Syrmie (au Sud de la Hongrie) - que Charles trouva refuge durant les périodes pendant lesquelles Venceslas (et puis Otton) détint les régions centrales du royaume78. Le cercle des nobles de l’entourage de Charles s’élargit progressivement au fur et à mesure que le pouvoir des deux autres aspirants à la couronne diminua79.

24Lors de ce bref parcours, nous avons rencontré - dans l’un ou l’autre des deux partis - les noms des plus importants seigneurs territoriaux du royame (Mathieu Csák, Amédée Aba, Jean Kőszegi ou Ladislas Kán). Leurs provinces oligarchiques se formèrent à partir des années 1270 : au cours des dernières décennies du XIIIe siècle, on peut être témoin d’un affaiblissement de l’autorité royale ce qui permit aux barons de renforcer leurs positions. Tandis que les derniers Árpáds n’avaient pas les moyens de briser le pouvoir des magnats qui s’opposèrent à eux, Charles réussit à surmonter - jusqu’en 1323 - la crise80. En 1308 - l’année où le témoignage de nos chroniques étrangères s’arrête - nous ne sommes encore qu’au début de ce long processus.

Conclusion

25Dans notre étude, nous avons présenté l’époque de l’interrègne - la période troublée de l’histoire hongroise qui a succédée à la mort d’André III - sur la base d’un corpus constitué de près de cent sources narratives étrangères. Les chroniques et les annales, rédigées surtout sur le territoire de l’Empire (dans les provinces autrichiennes, en Bohême) mettent l’accent sur les règnes hongrois de Venceslas Přemysl et d’Otton de Wittelsbach : ces témoignages permettent de reconstituer les événements d’une période de huit ans à la fin de laquelle Charles, le petit-fils du roi de Naples resta seul sur le terrain et put commencer sa lutte contre les seigneurs pour le renforcement de son pouvoir et le contrôle de l’ensemble des territoires du royaume. Il est indispensable de dire ici que les acteurs de l’époque de l’interrègne - les trois prétendants à la couronne ou les barons du pays divisé en deux partis - apparaissent aussi dans la tradition hongroise.

26Contrairement à ce que nous avons constaté lors de l’étude des sources étrangères, la prétendue composition de chroniques hongroises du XIVe siècle offre une histoire qui met surtout en lumière les hauts faits de Charles81. Pour la période comprise entre 1310 (le troisième couronnement de Charles) et 1323 - dont nous n’avons pas parlé en détail ici -, les sources narratives fournissent beaucoup moins d’informations que sur la décennie antérieure. Les chroniques allemandes et tchèques ne mentionnent que deux événements survenus dans cet intervalle : une intervention militaire hongroise en Moravie sous la conduite de Mathieu Csák (en 1315)82 et la présence des armées de Charles, aux côtés des Habsbourg, dans la bataille de Mühldorf (en 1322)83. Comme la chronique hongroise ne s’avère pas plus bavarde que celles-ci - elle ne parle que d’une seule victoire importante du roi de Hongrie sur les oligarques84 -, nous devons utiliser les chartes et leurs parties narratives85 pour pouvoir connaître les épisodes de cette lutte intérieure.

Notes go_to_top

1 Sur le règne de Charles Ier, consulter Engel P., The realm of St Stephen. A history of medieval Hungary, 895-1526, trad. T. Pálosfalvi, éd. anglaise A. Ayton, London/New York, I. B. Tauris, 2001, p. 124-156 ; Engel P., Kristó G.-Y. et Kubinyi A., L’histoire de la Hongrie médiévale, t. 2, Des Angevins aux Habsbourgs, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2008, p. 19-56.

2 Sur l’ascension et le déclin des oligarques, voir Soldos A., « Kings and oligarchs in Hungary at the turn of the thirteenth and fourteenth centuries », Hungarian Historical Review, 2, 2013, p. 211-242.

3 Par exemple, Por A., A magyar nemzet története [Histoire de la nation hongroise], t. 3, Az Anjou ház és örökösei [La maison d’Anjou et ses héritiers], Budapest, Az Athenaeum Irodalmi és Nyomdai Részvénytársulat betüivel, 1895 ; Bánlaky J. [Breit], A magyar nemzet hadtörténelme [Histoire militaire de la nation hongroise], t. 7, Harcok és küzdelmek az Árpádház kihalta után a trón birtokáért és a királyi hatalom helyreállításáért : Vencel, Ottó, Károly Róbert korszaka, 1301-1342 [Luttes et guerres pour la possession du trône et le rétablissement du pouvoir royal après l’extinction de la dynastie des Árpáds : l’époque de Venceslas, d’Otton et de Charles Robert, 1301-1342], Budapest, Grill Károly Könyvkiadóvállalata, 1934 ; Csukovits E., Az Anjouk Magyarországon [Les Angevins en Hongrie], t. 1, I. Károly uralkodása (1301-1342) [Le règne de Charles Ier (1301-1342)], Budapest, MTA Bölcsészettudományi Kutatóközpont Történettudományi Intézet, 2012 (Momumenta Hungariae Historica. Dissertationes), p. 52-75. Sur les luttes de Charles contre les magnats, voir Engel P., « Az ország újraegyesítése. I. Károly küzdelmei az oligarchák ellen (1310-1323) [La réunification du pays. Les luttes de Charles Ier contre les oligarques, 1310-1323] », Századok, 122, 1988, p. 89-146 ; Kristo G.-Y., « I. Károly harcai a tartományurak ellen (1310-1323) [Les luttes de Charles Ier contre les seigneurs territoriaux, 1310-1323] », Századok, 137, 2003, p. 297-347 ; Zsoldos A., « Erdélyi háborúk a 14. század elején [Guerres en Transylvanie au début du xive siècle] », dans Elfeledett háborúk. Középkori csaták és várostromok (6-16. század), L. Pósán et L. Veszprémy (dir.), Budapest, Zrínyi Kiadó, 2016, p. 198-231.

4 Voir les modèles de Wattenbach W., Deutschlands Geschichtsquellen im Mittelalter bis zur Mitte des XIII. Jahrhunderts, 2 vol., Berlin, Verlag von Wilhelm Hertz, 1858 [6e édition retravaillée : 1893-1894] ; Körmendi T., Az 1196-1235 közötti magyar történelem nyugati elbeszélő forrásainak kritikája [Étude critique des sources narratives occidentales de l’histoire hongroise entre 1196 et 1235], Budapest, MTA Bölcsészettudományi Kutatóközpont Történettudományi Intézet, Budapest, 2019 (Momumenta Hungariae Historica. Dissertationes).

5 Les sources de l’ensemble des territoires de la chrétienté occidentale (ou chrétienté de rite latin).

6 Voir par exemple Radek T., Das Ungarnbild in der deutschsprachigen Historiographie des Mittelalters, Frankfurt am Main/Berlin/Bern, Lang, 2008 (Budapester Studien zu der Literaturwissenschaft, 12).

7 Csernus S., A középkori francia nyelvű történetírás és Magyarország (13-15. század) [L’historiographie de langue française et la Hongrie (13e-15e siècles)], Budapest, Osiris, 1999 (Doktori mestermunkák) , p. 156-166 [sur l’image de la Hongrie angevine dans l’historiographie de langue française] ; Bagi D., Az Anjouk Krakkóban. Nagy Lajos lengyelországi uralmának belpolitikai kérdései [Les Angevins à Cracovie. Les questions de la politique intérieure du règne de Louis le Grand en Pologne], Pécs, Kronosz Kiadó, 2014 [sur la chronique de Jan de Czarnków] ; Csukovits E., Lackfi István Apuliában [Étienne Lackfi en Pouilles], in Testimonio litterarum. Tanulmányok Jakó Zsigmond tiszteletére, V. Dáné, M. Lupescuné Makó et G. Sipos (dir.), Kolozsvár, Erdélyi Múzeum-Egyesület, 2016, p. 61-68 ou Csukovits E., Hungary and the Hungarians. Western Europe’s View in the Middle Ages, Roma, Viella, 2018 (Viella Historical Research, 11), p. 183-191 [sur la chronique de Domenico da Gravina]. Pour une version hongroise de ce dernier travail, voir EAD., Magyarországról és a magyarokról. Nyugat-Európa magyar-képe a középkorban [De la Hongrie et des Hongrois. L’image des Magyars dans l’Occident médiéval], Budapest, MTA Bölcsészettudományi Kutatóközpont Történettudományi Intézet, 2015 (Momumenta Hungariae Historica. Dissertationes).

8 Gombos A.- F. (et Csapodi C.-S.), Catalogus fontium historiae Hungaricae aevo ducum et regum ex stirpe Arpad descendentium ab anno Christi DCCC usque ad annum MCCCI, 4 vol., Budapestini, Acad. Litt. de S. Stephano, 1937-1943 [trois volumes suivis d’un index] [réimpression : 2005-2011] [désormais CF]. Le manuel s’appuie sur Potthast A., Bibliotheca historica Medii Aevi. Wegweiser durch die Geschichtswerke des europäischen Mittelalters 375 bis 1500, 2 vol., Berlin, W. Weber, 1896.

9 Pour le XVe siècle, consulter aldasy A., A XV. század nyugati elbeszélő forrásai [Les sources narratives occidentales du XVe siècle], Budapest, Magyar Történelmi Társulat, 1928 (A magyar történettudomány kézikönyve). Pour les sources narratives de langue française de la Hongrie des XIVe-XVe siècles, voir Csernus S., A középkori francia nyelvű történetírás…, op. cit., p. 275-281 (Annexe n° 2).

10 « Annales Osterhovienses », Wattenbach W. (éd.), dans Monumenta Germaniae Historica. Scriptores, 38 vol., Hannoverae-Lipsiae, Impensis bibliopolii (aulici) Hahniani, 1826-2000 [désormais MGH SS], t. 17, p. 537-558, surtout p. 552, 554-555, 557.

11 Iohannis abbatis Victoriensis Liber certarum historiarum, Schneider F. (éd.), 2 vol., Hannoverae/Lipsiae, Impensis bibliopolii Hahniani, 1909-1910 (Monumenta Germaniae Historica. Scriptores rerum Germanicarum in usum scholarum separatim editi, 36/1-2), t. 1, p. 367, t. 2, p. 7, 30, 70.

12 « Kronika Františka Pražského », dans Fontes rerum Bohemicarum, J. Emler (éd.), 8 vol., Praha, 1873-1932 [désormais FRB], t. 4, p. 347-456 : p. 365-366, 370, 380.

13 Andreas von Regensburg, Sämtliche Werke, G. Leidinger (éd.), München, M. Rieger’sche Universitäts-Buchhandlung, 1903, p. 546-547.

14 « Necrologium Altahae superioris », Baumann F.-L. (éd.), dans Monumenta Germaniae historica. Necrologia Germaniae, 5 vol., Berolini, apud Weidmannos, 1888-1913, t. 3, p. 223-240 : p. 234.

15 Ioannis Aventini Annales Boiorum libri VII, Guillimannus F. et Gundlingius N.-H. (éd.), Lipsiae, sumptibus Ioannis Friderici Braunii, 1710, p. 705-706, 707, 711.

16 Joannis Dlugossi Annales cronicae icliti regni Poloniae. Liber nonus, D. Turkowska (textum recensuit), Christina Pieradzka (comm.), Varsaviae, Państwowe Wydawnictwo Naukowe, 1978, p. 17-18, 27, 32, 41-42, 64-65.

17 Une étude critique des informations hongroises des deux œuvres humanistes sera nécessaire. Pour un début de ce travail sur la matière hongroise de Johannes Aventinus, voir ikis I., « Johannes Aventinus magyar vonatkozású információi. A bajor humanista történetíró szavahihetőségének problémája [Les informations concernant les Hongrois de Johannes Aventinus. Le problème de la fiabilité de l’historiographe humaniste bavarois] », Fons, 25, 2018, p. 49-86. Consulter aussi Diera D., « Gesta Hungarorum aus der Feder eines deutschen Humanisten. Möglichkeiten zur Rekonstruierung der „ungarischen Geschichte“ anhand der deutschsprachigen historischen Werke von Johannes Aventinus », dans Mitteleuropäischer Kulturraum. Völker und religiöse Gruppen des Königreichs Ungarn in der deutschsprachigen Literatur und Presse (16-19. Jahrhundert), Berzeviczy K., Jónácsik L., Lőkös P. (dir.), Berlin, Frank & Timme, 2015, p. 23-45.

18 « Continuatio Vindobonensis », Wattenbach W. (éd.), dans MGH SS, t. 9, p. 698-722 : p. 721-722.

19 Ottokars Österreichische Reimchronik, Seemüller J. (éd.), 2 vol., Hannover, Hahnsche Buchhandlung, 1890-1893 (Monumenta Germaniae Historica. Deutsche Chroniken und andere Geschichtsbücher des Mittelalters [désormais MGH SS Dt. Chron.], 5) [plusieurs passages relatifs aux Hongrois] ; CF, t. 3, p. 1780-1953 : p. 1895-1952 (no 4146).

20 « Annales et historiae Altahenses », Jaffé Ph. (éd.), dans MGH SS, t. 17, p. 351-427 : p. 420 (Continuatio Ratisbonensis).

21 Par exemple, « Kronika Františka Pražského » éd. cit., p. 365-366, 370, 380.

22 « Petra Žitavského kronika zbraslavská », dans FRB, t. 4, p. 1-337, p. 83-85, 91, 107, 109, 223-224.

23 « Annales Sandivogii », Röppell R. et Arndt W. (éd.), dans MGH SS, t. 29, p. 424-430, p. 429, 430.

24 « Annales Polonorum I. II. III. IV. », Röppell R. et Arndt W. (éd.), dans MGH SS, t. 19, p. 609-663, p. 654, 655.

25 « Chronicon Henrici de Mügeln Germanice conscriptum », Travnik E. (éd.), dans Scriptores rerum Hungaricarum tempore ducum regumque stirpis Arpadianae gestarum, Szentpétery E. (éd.), 2 vol., Budapestini, 1937-1938 [désormais SRH], t. 2, p. 87-223 : p. 212-218 ; Thomas Ebendorfer, Chronica Austriae, Lhotsky A. (éd.), Berlin/Zürich, Weidmannsche Verlagsbuchhandlung, 1967 (Monumenta Germaniae Historica. Scriptores rerum Germanicarum. Nova series, 13), p. 201-207 ; Armbruster A., « Jakob Unrests Ungarische Chronik », Revue roumaine d’histoire, 13, 1974, p. 473-508 : p. 498. Sur ces sources et leurs relations avec les chroniques hongroises, voir Mikó G., Élt-e valaha Szent István fia, Ottó herceg ? Egy ismeretlen 15. századi krónika tanúskodása [Le prince Otton, fils de saint Étienne a-t-il vraiment existé ? Le témoignage d’une chronique inconnue du XVe siècle], dans Történelmi Szemle, 55, 2013, p. 1-22 ; Kertesz B., « Afterlife of the Fourteenth-Century Chronicle-Compositions », dans Studies on the Illuminated Chronicle, Bak J.-M. et Veszprémy L. (dir.), New York/Budapest, 2018 (Central European medieval texts), p. 181-198, surtout p. 189-190 ; Veszprémy L., « Die ungarische Chronik des 14. Jahrhunderts als Quelle für die nicht ungarländischen Geschichtsschreiber des 15–16. Jahrhunderts », dans Hungary and Hungarians in Central and East European Narrative Sources (10th-17th Centuries), Bagi D., Barabás G., Font M. et Sashalmi E. (dir.), Pécs, University of Pécs, 2019, p. 139-157 ; Bagi D., Bemerkungen zum Grazer Handschriftenfragment der Ungarnchronik Heinrichs von Mügeln, dans Hungary and Hungarians in Central and East European …, op. cit., p. 159-172.

26 Pour une édition parallèle des textes tchèque et allemand de la chronique de Dalimil, voir « Rýmovaná kronika česká – Di tutsch kronik von Behemlant », dans FRB, t. 3, p. 1-297, p. 204-205. Consulter aussi Adde-Vomáčka E., La Chronique de Dalimil. Les débuts de l’historiographie nationale tchèque en langue vulgaire au XIVe siècle, Le Goff J. (préface par), Paris, Publications de la Sorbonne, 2016 (Textes et documents d’histoire médiévale).

27 Moeglin J.-M., « Recherches sur la chronique rimée styrienne », Journal des savants, 1987, n0 3-4, p. 159-179 ; Hintz E.-R., « Ottokar von Steiermark », dans The Encyclopedia of the Medieval Chronicle, Dunphy G. (dir.), 2 vol., Leiden/Boston, 2010 [désormais EMCh], t. 2, p. 1176-1177 .

28 Sur les informations hongroises de la chronique, voir Vizkelety A., « Béla hercegnek, IV. Béla király fiának menyegzője [Noces du prince Béla, fils de Béla IV de Hongrie] », Irodalomtörténeti Közlemények, 97, 1993, p. 571-584 ; Radek T., « Az információáramlás jellemzői a Magyar Királyságban a középkori német nyelvű krónikák alapján [Caractéristiques du flux d’information dans le Royaume de Hongrie au miroir des chroniques médiévales de langue allemande] », Világtörténet, 36, 2014, p. 103-124.

29 Anonymi Descriptio Europe Orientalis. « Imperium Constantinopolitanum, Albania, Serbia, Bulgaria, Ruthenia, Ungaria, Polonia, Bohemia » anno MCCCVIII exarata, éd. O. Górka, Cracoviae, Academia litterarum, 1916, surtout p. 43-55 ; Živković T., Petrović V. et Uzelac A., Anonymi Descriptio Europae Orientalis – Anonym’s Description of Eastern Europe – Anonimov Opis istočne Evrope, D. Kunčer (éd.), Belgrade, The Institute of History of Belgrade, 2013 (The Institute of History Belgrade. Sources for Serbian History – Latin sources), surtout p. 133-144. Sur l’auteur, voir ibid., p. 29-50.

30 Górka O., « Praefatio », dans Anonymi Descriptio Europe Orientalis..., op. cit., p. i-il, p. v-ix. Cf. Živković T., Petrović V. et Uzelac A., Anonymi Descriptio Europae Orientalis…, op. cit., p. 51-64.

31 Ibid., p. 47.

32 Fraknói V., Magyarország egyházi és politikai összeköttetései a római Szent-Székkel [Les relations ecclésiastiques et politiques entre la Hongrie et le Saint-Siège de Rome], t. 1, 1000-1417, Budapest, Szent-István-Társulat Tud. és Irod. Osztálya, 1901, p. 114 sqq.

33 Górka O., « Praefatio », art. cit., p. xxix-xxxiii. Voir aussi Moranvillé H., « Les projets de Charles de Valois sur l'Empire de Constantinople », Bibliothèque de l’École des chartes, vol. 51, 1890, p. 63-86 ; Petit J., Charles de Valois (1270-1325). Thèse présentée à la faculté des lettres de l’université de Paris, Paris, A. Picard, 1900, p. 106-115.

34 « Ex hiis satis aduerti potest quod Bulgaria et Ruthenia et Rasia sunt inter Greciam et Hungariam et ideo, ubi dominus Carolus haberet Grecorum imperium, confederatione facta cum rege Hungarie idem dominus Carolus ex una parte et rex Hungarie Carolus ex altera parte de facili haberent et subiugarent omnes illas scismaticas et barbaras nationes que tam opulenta et delicata regna sicut iniusti possessores occupant ». Voir Živković T., Petrović V. et Uzelac A., Anonymi Descriptio Europae Orientalis…, op. cit., p. 132.

35 Au sujet de l’image de la Hongrie dans la Descriptio, voir Csukovits E., Hungary and the Hungarians…, op. cit., p. 75-82.

36 Pour l’histoire de ces années troublées et les événements que nous présenterons ci-dessous, voir Skorka R., « With a Little Help from the Cousins – Charles I and the Habsburg Dukes of Austria during the Interregnum », Hungarian Historical Review, 2, 2013, p. 243-260 ; Ead., « Fehérvár az interregnum időszakában », dans In medio regni Hungariae. Régészeti, művészettörténeti és történeti kutatások „az ország közepén”. Archeological, art historical and historical researches ’in the middle of the kingdom’, Benkő E. et Orosz K. (dir.), Budapest, Magyar Tudományos Akadémia Bölcsészettudományi Kutatóközpont Régészeti Intézet, 2015, p. 361-373 ; Kadar T., « Harcban a koronáért. I. Károly (Róbert) király uralkodásának első évei 1305 végéig [En lutte pour la couronne. Les premières années du règne du roi Charles (Robert) Ier jusqu’en 1305] », Történeti tanulmányok, 23, 2015, p. 42-111 ; ID., « Harcban a koronáért, 2, I. Károly (Róbert) király uralkodásának 1306‒1310 közötti szakasza [En lutte pour la couronne, 2, La période entre 1306-1310 du règne du roi Charles (Robert) Ier] », Történeti tanulmányok, 25, 2017, p. 126-192 ; Skorka R., « A Szent Korona kalandos körutazása az interregnum éveiben (1301-1310) [Le voyage aventureux de la Sainte Couronne pendant les années de l’interrègne, 1301-1310] », dans A Szent Korona hazatér. A magyar korona tizenegy külföldi útja (1205-1978), G. Pálffy (dir.), Budapest, MTA Bölcsészettudományi Kutatóközpont Történettudományi Intézet, 2018 (Monumenta Hungariae historica. Dissertationes), p. 91-121. Les constatations de ces travaux reposent (en partie) sur le témoignage des sources narratives dont l’analyse fait l’objet de la présente contribution.

37 Kristó G.-Y., « Vencel [Venceaslas] », dans Korai magyar történeti lexikon (914. század) [Dictionnaire de la Hongrie médiévale, 9-14e siècles], Id., Engel Pál et Makk Ferenc (dir.), Budapest, Akadémiai Kiadó, 1994 [désormais KMTL], p. 724-725.

38 « Eodem anno mortue rege Andrea, rege Vngarie, qui unicam filiam reliquit heredem regni eiusdem, venerunt nuncii ex partibus principum, baronum, nobilium Vngariae ad regem Wenceslaum referentes, qualiter orbato regno ipsorum rege filium regis Wenceslai, eciam Wenceslaum nomine, in regem Vngarie eligerent, promittentes sibi filiam dicti Andree, Vngarie regis, tradere in uxorem, rogantque, ut quantocius venire dignaretur et regnum Vngarie, quod erat impacatum, pacificaret ». Voir « Kronika Beneše z Weitmile », dans FRB, t. 4, p. 457-548, p. 463.

39 « Lib. II. Chronicon Bohemiae ad an. MCCC », dans Reliquiae manuscriptorum omnis aevi diplomatum ac monumentorum ineditorum adhuc, J. P. de Ludewig (éd.), 12 vol., Halae Salicae, Impensis Orphanotrophei, 1720-1741, t. 11, p. 128-383 : p. 332-333 ; CF, t. 1, p. 528-537, p. 536 (n1246).

40 Zsoldos A., « Koronázás », dans KMTL, p. 369-370.

41 « Petra Žitavského kronika zbraslavská », éd. cit., p. 84 ; Bláhová M., « Chronicon Aulae Regiae (Chronicle of Zbraslav) », dans EMCh, t. 1, p. 301-302. Voir aussi Szende L., « Bicskei Gergely [Grégoire Bicskei], dans Esztergomi érsekek 1001-2003, M. Beke (dir.), Budapest, Szent István Társulat, 2003, p. 134-142, surtout p. 138.

42 Voir par exemple « Kronika Beneše z Weitmile », éd. cit., p. 463.

43 Skorka R., « With a Little Help from the Cousins… », art. cit., p. 252.

44 Ottokars Österreichische Reimchronik, op. cit., t. 2, v. 83267-83519. Voir aussi « Petra Žitavského kronika zbraslavská », éd. cit., p. 91 ; « Lib. II. Chronicon Bohemiae ad an. MCCC », éd. cit., p. 338 ; « Kronika Beneše z Weitmile », éd. cit., p. 463.

45 Kristó G.-Y. et Valaczkai L., « Ottó [Otton] », dans KMTL, p. 516–517.

46 Pánek J., Tůma O. et al., A History of the Czech Lands, Prague, Karolinum Press/Charles University, 2018, p. 120. (chapitre rédigé par J. Žemlička).

47 « Annales Osterhovienses », éd. cit., p. 554. Sur le mariage de Venceslas, voir aussi « Petra Žitavského kronika zbraslavská », éd. cit., p. 106.

48 Ottokars Österreichische Reimchronik, op. cit., t. 2, v. 87131-87166.

49 « Chronici Hungarici compositio saeculi XIV », Domanovszky A. (éd.), dans SRH, t. 1, p. 217-505, p. 484 ; Pour une édition bilingue latin-anglais, voir Chronica de gestis Hungarorum e Codice Picto Saec. XIV – Chronicle of the deeds of the Hungarians from the fourteenth-century illuminated codex, éd. et trad. par Bak J.-M. et Veszprémy L., préface par Kersken N., New York-Budapest, 2018 (Central European medieval texts, 9).

50 L’auteur bavarois indique qu’il emprunte l’information à la tradition hongroise. Voir Veit Arnpeck, Sämtliche Chroniken, München, M. Rieger’sche Universitäts-Buchhandlung, 1915 (Quellen und Erörterungen zur bayerischen und deutschen Geschichte. Neue Folge, 3), p. 244.

51 « Annales Osterhovienses », éd. cit., p. 554. Cf. « Petra Žitavského kronika zbraslavská », éd. cit., p. 107. Voir aussi « Annales Halesbrunnenses maiores », Waitz G. (éd.), dans MGH SS, t. 24, p. 42-51 : p. 47 ; « Annales S. Stephani Frisingensis », Waitz G. (éd.), dans MGH SS, t. 13, p. 50-60 : p. 59.

52 Skorka R., « A Szent Korona kalandos körutazása… », art. cit., p. 109., 116.

53 « Annales Osterhovienses », éd. cit., p. 554.

54 « Chronici Hungarici compositio saeculi XIV », éd. cit., p. 486. Voir aussi Por A., « László erdélyi vajda (1291-1315). Rajzok Erdély múltjából a középkorban [Ladislas, voïvode de Transylvanie (1291-1315). Esquisses sur l’histoire médiévale de la Transylvanie] », Erdélyi Múzeum, 8, 1891, p. 433-481, surtout p. 446. La chronique de Königsaal veut pourtant savoir qu’en quittant la Hongrie, il emmène la Sainte Couronne avec lui. Voir « Petra Žitavského kronika zbraslavská », éd. cit., p. 107.

55 « Annales Osterhovienses », éd. cit., p. 555 ; « Petra Žitavského kronika zbraslavská », éd. cit., p. 107 ; Andreas von Regensburg, Sämtliche Werke, op. cit., p. 547 ; VEIT ARNPECK, Sämtliche Chroniken, op. cit., p. 244. Voir aussi Kadar T., « Harcban a koronáért, 2, I. Károly (Róbert)… », art. cit., p. 149-150.

56 Halász E.-B., « Micha Madius de Barbazanis – a történetíró és spalatói nemes patrícius [Micha Madius de Barbazanis, historiographe et citoyen de Split] », Acta Universitatis Szegediensis. Acta historica, 135, 2013, p. 59-70.

57 Lucius I., De regno Dalmatie et Croatie libri sex, Amstelaedami, apud Ioannem Blaeu,1666, p. 371 ; Károly Róbert emlékezete [La mémoire de Charles Robert], Kristó G.-Y., Makk F. et Marosi E. (dir.), Budapest, Európa Könyvkiadó, 1988 (Bibliotheca historica), p. 54. (traduit en hongrois par F. Makk).

58 « Annales et historiae Altahenses », éd. cit., p. 420.

59 Cf. CF, t. 2, p. 975 (no 2380).

60 Zsoldos A., « Anjou Károly első koronázása », dans Auxilium historiae. Tanulmányok a hetvenesztendős Bertényi Iván tiszteletére, Körmendi T. et Thoroczkay G. (dir.), Budapest, Eötvös Loránd Tudományegyetem Bölcsészettudományi Kara, 2009, p. 405-413.

61 « Karolus vero in monasterium Belae-fontis Cistertiensis ordinis degebat, sustinens aspera plurima er adversa, quousque desrescente adversariorum potentia, regnum potentialiter est adeptus ». Voir « Anonymi Leobiensis chronicon libris sex comprehensum a Christo nato usque ad annum eiusdem MCCCXLIII », dans Pez H., Scriptores rerum Austriacarum veteres ac genuini, t. 1, Viennae, 1721, p. 751-968 : p. 881. Voir aussi Engel P., Kristo G.-Y. et Kubinyi A., L’histoire de la Hongrie médiévale…, op. cit., p. 25.

62 Skorka R., « With a Little Help from the Cousins… », art. cit., p. 253.

63 Sur cette campagne, voir « Annales Osterhovienses », éd. cit., p. 552 ; « Petra Žitavského kronika zbraslavská », éd. cit., p. 87-91. Consulter aussi Kristo G.-Y., Az Anjou-kor háborúi [Les guerres de l’époque angevine], Budapest, Zrínyi Katonai Kiadó, 1988, p. 20-23.

64 « Annales Austriae », W. Wattenbach (éd.), dans MGH SS, t. 9, p. 479-843 : p. 660 (Continuatio Zetlensis tertia), p. 721-722 (Continuatio Vindobonensis), p. 751. (Continuatio Florianensis). Voir aussi Kiss G., « VIII. Bonifác és Magyarország (1290-1303). A pápai hatalmi legitimációs elképzelések kormányzati összefüggései [Boniface VIII et la Hongrie, 1290-1303. Les idées légitimant l’autorité papale et le contexte gouvernemental] », Századok, 152, 2018, p. 1353-1376 ; Maléth A., A Magyar Királyság és a Szentszék kapcsolata I. Károly korában (1301-1342) [La relation du Royaume de Hongrie et du Saint-Siège à l’époque de Charles Ier, 1301-1342], Pécs, Pécsi Tudományegyetem BTK TTI Középkori és Koraújkori Történeti Tanszék, 2020 (DeLegatOnline Könyvek, 2), p. 325-326.

65 « Annales Polonorum I. II. III. IV. », éd. cit., p. 654, 655. Voir aussi Fraknoi V., Magyarország egyházi és politikai összeköttetései a római Szent-Székkel [Les relations ecclésiastiques et politiques entre la Hongrie et le Saint-Siège de Rome], t. 1, 1000-1417, Budapest, Szent-István-Társulat Zud. és Iod. Osztálya, 1901, p. 107-113.

66 Sur sa vie, voir Gaffuri L., « Gentile da Montefiori », dans Dizionario Biografico degli Italiani, 71 vol., Roma, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, 1961-2000, t. 53, en ligne : http://www.treccani.it/enciclopedia/gentile-da-montefiore_(Dizionario-Biografico)/, consulté le 20/07/2019. Sur son activité en Hongrie, consulter Acta legationis cardinalis Gentilis. Gentilis bibornok magyarországi követségének okiratai 1307–1311 [Acta legationis cardinalis Gentilis. Documents relatifs à la légation du cardinal Gentil en Hongrie], Pór A. (éd.), Budapest, 1885 (Monumenta Vaticana Hungariae) ; Fraknoi V., Magyarország egyházi és politikai…, op. cit., p. 122-141.; Kiss G., « Les légats pontificaux en Hongrie au temps des rois Angevins (1298-1311) », dans La Diplomatie des États Angevins aux XIIIe et XIVe siècles / Diplomacy in the countries of the Angevin Dynasty in the thirteenth-fourteenth centuries. Actes du colloque international de Szeged, Visegrád, Budapest 13-16 septembre 2007. Kordé Z. et Petrovics I. (dir.), Roma, Accademia d'Ungheria in Roma Istituto Storico « Fraknói » / Szeged, Dipartimento di Storia Ungherese del Medioevo e della prima Età Moderna Università degli Studi di Szeged, 2010, p. 101-116 ; Kovacs V., « Causae coram nobis ventilatae. Beiträge zu der Jurisdiktionstätigkeit von Papstlegat Gentilis de Monteflorum in Ungarn (1308–1311) », dans Specimina Nova. Pars Prima. Sectio Mediaevalis, 7, 2013, p. 39-69 ; Maléth A., A Magyar Királyság és a Szentszék, op. cit., p. 280.

67 « Chronici Hungarici compositio saeculi XIV », éd. cit., p. 486 ; ENGEL P., KRISTÓ G.-Y. et Kubinyi A., L’histoire de la Hongrie médiévale…, op. cit., p. 28.

68 « Factum est ergo scisma magnum in regno Vngarie : alii cum rege Venceslao, alii cum rege Karolo se permansuros promittunt. » Voir « Kronika Beneše z Weitmile », éd. cit., p. 463.

69 « Eodem anno moritur Andreas III. rex Ungarie ; post cuius obitum duo reges eliguntur, videlicet Carolus heres Sicilie per dominum apostolicum Bonifacium ad eandem terram pro assumendo regno destinatus, et Wenzeslaus rex Bohemie ex communi consilio quorundam comitum terre electus (…). » Voir « Annales Austriae », éd. cit., p. 659. (Continuatio Zetlensis tertia).

70 Ottokars Österreichische Reimchronik, op. cit., t. 2, v. 79449 sqq. Sur l’histoire de la famille, voir Zsoldos A., « A Henrik-fiak. A Héder nembéli Kőszegiek ’családi története’ [Les fils de Henri. L’histoire familiale des Kőszegi de genere Héder] », Vasi Szemle, 64, 2010, p. 651-661.

71 Consulter Kristo G.-Y., Csák Máté tartományúri hatalma [Le pouvoir oligarchique de Mathieu Csák], Budapest, Akadémiai Kiadó, 1973.

72 « Petra Žitavského kronika zbraslavská », éd. cit., p. 83.

73 Sur les deux partis, voir « Chronici Hungarici compositio saeculi XIV », éd. cit., p. 479-480 ; Kadar T., « Harcban a koronáért. I. Károly (Róbert) uralkodásának első évei … », art. cit., p. 57-59. Consulter aussi Kristo G.-Y., « I. Károly király főúri elitje …», art. cit., p. 42-44.

74 Les annales mentionnent l’intervention hongroise sans nommer le seigneur. Voir « Annales Polonorum I. II. III. IV. », éd. cit., p. 654. Amédée apparaît dans le récit de Jan Długosz, voir Joannis Dlugossi Annales cronicae icliti regni Poloniae. Liber nonus, op. cit., p. 6.

75 Dabrowsky J., « Lokietek Ulászló és Magyarország 1300-1315-ben [Vladislav Łokietek et la Hongrie entre 1300 et 1315] », Történeti Szemle, 10, 1921, p. 76-84, surtout p. 78-80 ; Kristó G.-Y., Az Anjou-kor háborúi…, op. cit., p. 22-23 ; Kadar T., « Harcban a koronáért. I. Károly (Róbert) uralkodásának első évei », art. cit., p. 96-98.

76 Galambosi P., « Csák Ugrin, a hűséges tartományúr [Ugrin Csák, l’oligarque fidèle] », Fons, 24, 2017, p. 289-322.

77 Lucius I., De regno Dalmatie, op. cit., p. 371 ; Károly Róbert emlékezete, op. cit., p. 54.

78 Kadar T., « Harcban a koronáért. I. Károly (Róbert) uralkodásának első évei … », art. cit., p. 59.

79 Sur la question, voir aussi Kristo G.-Y., « I. Károly király főúri elitje (1301-1309) [L’élite baroniale du roi Charles Ier] », Századok, 133, 1999, p. 41-62.

80 Kristo G.-Y., A feudális széttagolódás Magyarországon [La désintégration féodale en Hongrie], Budapest, Akadémiai Kiadó, 1979, p. 139-212. Sur la formation des provinces oligarchiques, consulter aussi Zsoldos A., The Árpáds and Their People. An Introduction to the History of Hungary from cca. 900 to 1301, Budapest, Research Centre for the Humanities, 2020 (Árpádiana, IV), p. 141-156.

81 « Chronici Hungarici compositio saeculi XIV », éd. cit., p. 477-490.

82 Par exemple, « Petra Žitavského kronika zbraslavská », éd. cit., p. 223-224.

83 Par exemple, CF, t. 2, p. 1613. (no 3675) (Matthias Neoburgensis).

84 Celle de Rozgony, près de Kassa (Košice, Slovaquie), remportée en 1312 sur la famille Aba. Voir « Chronici Hungarici compositio saeculi XIV », éd. cit., p. 487-489.

85 Sur cette spécificité de la diplomatique hongroise, voir Malyusz E., « La chancellerie royale et la rédaction des chroniques dans la Hongrie médiévale », Le Moyen Âge, 75, 1969, p. 51-86, 219-254.



go_to_top L'auteur

Judit  Csákó

L’auteure est chercheuse associée à l’Institut d’Histoire du Centre de Recherches en Sciences Humaines du Réseau de Recherche Eötvös Loránd (4 rue Tóth Kálmán, 1097 Budapest, Hongrie ; csako.judit@abtk.hu). La recherche a été réalisée avec le soutien financier du Fonds National Hongrois de la Recherche, du Développement et de l’Innovation (NKFIH PD 128405). Je tiens à exprimer mes remerciements à Enikő Csukovits (Institut d’Histoire du Centre de Recherches en Sciences Humaines du Réseau de Recherche Eötvös Loránd, Budapest) pour ses précieux conseils lors de la rédaction de l’article.

Pour citer cet article go_to_top

Judit Csákó, « L’arrivée au pouvoir de Charles Ier de Hongrie au miroir des sources narratives », Mémoire des princes angevins 2020, 13  | mis en ligne le 23/12/2020  | consulté le 22/10/2021  | URL : https://mpa.univ-st-etienne.fr:443/index.php?id=515.